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20 octobre 2026

T3 2026 - Commentaire économique par Ian McKinnon

Économie

Malgré les tensions commerciales persistantes et les incertitudes géopolitiques, la croissance économique continue de faire preuve de résilience, soutenue en partie par la faiblesse du dollar américain et la remontée des cours des matières premières. Si les dépenses de consommation ont ralenti, la forte croissance des salaires, l’épargne soutenue des ménages, l’expansion continue du crédit et les mesures de relance budgétaire contribuent à soutenir la demande intérieure. Parallèlement, l’économie américaine pourrait s’avérer plus vulnérable que ne le laissent entendre les indicateurs généraux, les conditions sous-jacentes du marché du travail restant mitigées. À l’avenir, l’incertitude entourant l’issue des négociations de l’ACEUM pourrait peser sur la confiance des entreprises, ce qui les inciterait peut-être à reporter leurs décisions en matière d’investissement et d’embauche.

La poursuite d’une forte croissance des salaires au Canada maintient l’inflation au-dessus de l’objectif de la Banque du Canada, les prix des biens et des services contribuant tous deux aux pressions inflationnistes actuelles. Pendant ce temps, les résultats en matière de productivité restent nettement inférieurs au Canada par rapport aux États-Unis, ce qui met en évidence un écart croissant entre les deux économies. À l’inverse, la hausse de la productivité du travail aux États-Unis contribue à atténuer les pressions inflationnistes, et des effets de base favorables devraient continuer à soutenir la désinflation au cours des six prochains mois. Malgré ces tendances, de nombreuses entreprises continuent d’afficher des prix et des marges bénéficiaires élevés, invoquant la guerre en Iran et les tensions commerciales pour justifier des hausses de prix qui dépassent les pressions sous-jacentes sur les coûts.

Marchés

Les banques centrales continuent de composer avec un contexte difficile. La Banque du Canada (BdC) cherche un équilibre entre les signes de surcapacité dans l’économie et les pressions inflationnistes persistantes. En septembre, la Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur pour la première fois en trois ans, le plaçant dans une fourchette cible comprise entre 3,75 % et 4,00 %. La banque centrale a déclaré que l’inflation sous-jacente était trop élevée et que, même si les chocs inflationnistes récents ont principalement été liés à l’offre, ceux-ci pourraient éventuellement exercer une pression sur les anticipations d’inflation. À ces complexités s’ajoute le maintien du soutien budgétaire apporté par les gouvernements à leurs économies, ce qui contribue à maintenir la croissance, mais entraîne également une aggravation des déficits budgétaires et une attention accrue portée à la dette souveraine et à la qualité du crédit.

Au troisième trimestre, les rendements obligataires canadiens ont augmenté par rapport au deuxième trimestre, à l’instar de ceux des États-Unis. Après avoir chuté à près de 70 dollars le baril à la suite de la signature du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, les cours du pétrole ont de nouveau augmenté, atteignant les 100 dollars. Conjuguée à une politique monétaire plus restrictive de la part des banques centrales, cette hausse des prix de l’énergie fait craindre aux marchés des répercussions de plus en plus larges, le prix du diesel et les coûts de transport de toutes les marchandises ayant connu une hausse rapide. Sur les marchés boursiers, les perspectives de croissance des bénéfices restent solides. Les marchés ont toutefois vu leur progression ralentir, ce qui s’est traduit par une baisse des valorisations en raison de la hausse des taux d’intérêt.

Risques

Plusieurs risques externes continuent d’influencer les perspectives économiques. Les conflits qui sévissent au Moyen-Orient et en Ukraine ont maintenu les prix de l’énergie à un niveau élevé, ce qui accentue les pressions inflationnistes et accroît l’incertitude pour les entreprises et les consommateurs. Parallèlement, les banques centrales ont réduit leur recours aux indications prospectives et aux projections économiques, ce qui rend l’évolution future des taux d’intérêt moins prévisible et contribue à accroître la volatilité des marchés. La politique commerciale demeure également une source importante d’incertitude, alors que les négociations relatives au renouvellement de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) se poursuivent dans un contexte marqué par une administration américaine moins encline à la coopération, ce qui pourrait peser sur la confiance des entreprises, les investissements et l’activité économique transfrontalière.

Ian McKinnon, CFA
Chef des placements